Avec un ultra-traileur et un bivouac à travers la Californie

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Photos et texte de Freya Sautner, bénévole d'EVA.

Course d’ultra-trail

Lorsque j'ai rencontré mon ami et ultra-traileur Josef Koch en 2018, je ne savais pas ce que c'était que "la course d'ultra trail" et je ne parlais pas un mot de néerlandais. Maintenant, un an plus tard, j'essaie de vous l'expliquer moi-même en néerlandais.

Tous les marathons plus longs que la norme de 42 km sont "ultra". Le «Trail» comprend notamment petits (parfois inexistants) sentiers, nature, petites coulées de boue, rochers, montagnes et forêts. Les compétitions d’Ultra-Trail ont lieu partout dans le monde. Aussi en Belgique.

Le nom Karel Sabbe vous dit peut-être quelque chose? Karel est le gantois qui a battu le record de vitesse à la fois sur l’Appalachian Trail (AT, 3500 km) et le Pacific Crest Trail (PCT, 4279 km) aux États-Unis. Sur de telles distances, le coureur ne dort la nuit que quelques heures. Lors de son record AT (41 jours, 7 heures et 39 minutes) Josef l'a accompagné pendant un petit bout. Les compétitions d’ultra-trail ordinaires, on peut généralement les maîtriser sans sommeil.

La Western States Endurance Run: 160 km en 24 heures.

L'une de ces compétitions est la Western States Endurance Run (WSER) en Californie, à laquelle Josef a participé en juin dernier.

La WSER existe depuis 1974, lorsque Gordy Ainsleigh à parcouru la Western States Trail Ride (Tevis Cup) à pied. La Tevis Cup était, et reste encore aujourd’hui, une épreuve d'endurance équestre. Le cheval de Gordy avait lâché l’année précédente et c'est la raison pour laquelle il participait à pied. À partir de ce moment, un nombre croissant de personnes ont adhéré à pied.

La première épreuve officielle de la WSER a eu lieu en 1977. En ce temps, les coureurs courraient encore a côtés de chevaux. Mais un seul des 16 partants atteignit l'arrivée dans le délai imparti (24 h) pour les chevaux. Quiconque atteint aujourd'hui les "100 milles en une journée", ou 160 km en une journée, obtient la boucle de ceinture en argent faite main dont Josef me parle depuis un an.

Manger végétal

Grande performance sportive et nourriture végétale: vont-ils de pair? Absolument! Scott Jurek - qui a remporté la WSER 7 fois de suite - vit végétal depuis 20 ans déjà. Scott a guidé cette année l'ultra-traileur aveugle Kyle Robidoux au WSER. Josef était très heureux de les rencontrer tous les deux. Et il y a évidemment encore beaucoup d'autres athlètes véganes de haut niveau. En 2019, Josef a également participé à une étude qui compare les performances et les échantillons sanguins des participants au WSER sur la base de la consommation quantitative de produits animaux, mais nous devons encore attendre les résultats, nous sommes très curieux.

Lors de notre voyage de 5 semaines à travers la Californie, manger végétal ne posait pas de problème. Tout comme chez nous en Belgique ou dans n’importe quel endroit que nous avons visité jusqu'à présent. Car quiconque vit végétalien depuis un certain temps sait exactement ce qu'il faut rechercher. Même quand nous avons quitté la côte ouest et ses commerces "Whole Foods" bio omniprésents proposant une large sélection végane et un accès wifi gratuit.

Nous avons voyagé via le centre torride et sec, pour nous rendre dans les parcs nationaux et les forêts à l'est. Au beau milieu de la forêt nationale Stanislaus, nous avons soudainement compris que nous étions complètement coupés du monde extérieur. Pas de téléphone, ni wifi. Malgré l’assortiment limité des quelques petits commerces, nous avons mangé délicieusement bien.

Pâtes, sauce tomate, ail, huile et haricots en conserve, on les trouve toujours. Et si vous apercevez une petite étagère avec des fruits et des légumes ratatinés, achetez-les tout simplement tout de suite. Le principale problème est l'eau. Pour cela, il faut être créatif: par exemple, en remplissant vos bouteilles d’eau dans l’un des rares campings (moyennant ou non l’aide d’un des gentils gardes forestiers) et en vous lavant dans les eaux de fontes glacées s’écoulant de la rivière Stanislaus. Sans savon évidemment.

Nous avons trouvé la perle rare au lac Tahoe. Chez «Grass Roots Natural Foods», nous avons acheté entre autres du thon végane en conserve succulent ainsi que de délicieux fromages sans produits laitiers.

La compétition

Et puis le grand jour de la compétition est arrivé. Afin de bien la gérer, l'aspect mental est crucial. Ou comme le dit Josef: "Persévérer. N'abandonnez pas. Continuez à vous nourrir. "

La WSER part de Squaw Valley, près du lac Tahoe, jusqu’à Auburn et traverse les terres des ours et des serpents à sonnette. (De ce dernier, j'en ai vu deux.) De là, ça change de neige et chaleur meurtrière en rivières, à travers des forêts (brûlées) et au-dessus des montagnes. Uniquement dans le Parc national de Yosemite, nous avons eu la chance de voir des ours. Mais ce n’est pas vraiment ce que l’on désire au cours d'une telle compétition. Il arrive en effet souvent que des ours «font obstacle» pendant quelques minutes aux coureurs de la WSER.

Qu’est-ce qu’on mange quand on court une journée? Des gels énergétiques (il y en a beaucoup, par exemple de GU), des barres énergétiques (Josef adore les barres Clif) et ce que l’on reçoit aux points de ravitaillements. Lors de cette compétition il y avait des pommes de terre bouillies, du bouillon de légumes, noix, chips et un large assortiment de fruits. Les 10 derniers kilomètres, j’ai été autorisé à accompagner Josef en tant que "meneuse", après que son ami Henning l’ait soutenu lors des 50 km précédents. À 4h09 du matin, Josef a franchi la ligne d'arrivée, 23 heures et 9 minutes après le départ. Il continu de réfléchir à ce qu'il fera de sa boucle de ceinture: la porter en combinaison avec des bottes de cow-boy ou l’accrocher au mur.

12/08/2019

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