Déconseiller le véganisme chez les enfants n'est pas une bonne chose

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Élever sainement un enfant n'est pas une mince affaire. Éviter systématiquement certains produits ne facilite pas la tâche. Chaque parent doit prêter une attention suffisante à une nourriture saine; pour des parents qui veulent nourrir leurs enfants de façon végétale, c’est d’autant plus valable.

Cependant, le fait que l'Académie royale de Médecine de Belgique déconseille le véganisme pour les enfants n'est peut-être pas une bonne chose. Tout d’abord, cette position est conservatrice par rapport à un certain nombre d’autres pays. Des organisations de médecins et diététiciens aux États-Unis et au Canada, par exemple, sont également prudentes et mettent en garde (à juste titre) contre le risque de carence, mais ne déconseillent pas le véganisme pour autant et déclarent qu’il convient à tous âges, y compris aux bébés et aux jeunes enfants. Ils parlent même de bienfaits potentiels.

Deuxièmement, après enquête, il apparaît que les cas cités soient des exceptions qui ne se produisent que de temps en temps. Les médecins sont confrontés aux cas problématiques, mais pas ou moins aux nombreux enfants végétaliens élevés avec succès. De plus, des cas antérieurs ici et à l'étranger nous montrent qu’une alimentation végétalienne en soi n'en est généralement pas la cause, mais bien la négligence et un comportement imprudent en général. Souvent, il ne s'agit pas du tout de véganisme, mais d'idées irrationnelles concernant la nutrition chez les parents.

Déconseiller le véganisme sur la base de ces exceptions nous semble injustifié et même contre-productif. Les médecins font savoir qu'on ne leur fait souvent pas confiance. Nous pouvons imaginer en effet qu'ils doivent parfois faire face à des parents obstinés et pédants qui voient plus de salut dans leur propre idéologie et dans leurs recherches personnelles avec Dr Google. C'est malheureux, mais en partie compréhensible, car de nombreux médecins ne sont tout simplement pas suffisamment informés tant sur la nutrition en général, que sur les régimes alimentaires alternatifs. Nous supposons que la position ci-dessus pourrait principalement encourager les méfiances et pourrait accroître la distance entre parents et médecins. Pour les personnes conscientes des énormes souffrances associées à presque tous les produits d'origine animale, déconseiller le véganisme n’aura souvent aucune répercussion. Pourquoi une mère avec une ferme conviction consulterait-elle un médecin alors qu'elle sait que ce dernier fera tout pour expliquer que son choix est mauvais?

Le véganisme n'est pas une tendance. Cela ne fera que gagner en popularité - et pour de bonnes raisons. Il est donc important d’y réagir de manière appropriée. Différents acteurs ont un rôle à jouer. Médecins et associations de santé peuvent adopter une position plus progressive afin qu’on puisse leur faire davantage confiance. Je ne veux pas leur dicter quelle devrait être leur position, mais ils peuvent s'inspirer d'organisations à l’étranger. Ils peuvent indiquer ce que les parents véganistes doivent absolument faire pour élever sainement leurs enfants. S'ils restent incertains, ils peuvent dire quelles éventuelles exceptions minimales les parents pourraient faire. Les associations de médecins et les organisations de santé peuvent également collaborer avec des organisations veggies/véganes, qui jouissent souvent de plus de confiance. Ces organisations doivent procurer des informations factuelles et mettre encore plus l'accent parmi leurs partisans sur les aspects sanitaires d’une alimentation végétalienne (et par exemple indiquer clairement qu'un supplément en vitamine B12 est indispensable). Les médias, en dernier lieu, doivent en cas de problèmes avec des enfants bien enquêter sur la cause précise, et ne pas désigner le véganisme comme coupable quand ce n’est pas le cas.

22/05/2019

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